Ciné-Zoom

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MAUVAISE FOI

( 17 Votes )

Zoom Français

Sortie : le 6 Décembre 2006

VU - 3 Zooms 

Film français

Réalisé par Roschdy Zem

Avec Roschdy Zem... 

Comédie - 1h28 -

Rencontre Ciné Zooms avec Roschdy Zem et Pascal Elbé au Festival de Sarlat 2006 et aux 3 Palmes à Marseille avec Leïla Bekhti.

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GRAND PRIX SPECIAL EX-AEQUO DU CONSEIL GENERAL ET PRIX FRANCOIS CHALAIS

AU 15ème FESTIVAL DU FILM DE SARLAT 2006

Distributeur : Wild Bunch Distribution

Musique originale de Souad Massi

Avec aussi : Cécile De France, Pascal Elbé, Jean-Pierre Cassel, Martine Chevallier, Bérangère Bonvoisin, Antoine Chappey, Mickaël Masclet, Abdelhafid Metalsi, Xavier Beauvois, Leïla Bekhti...

Site officiel : http://www.mauvaisefoi-lefilm.com

 

L'histoire : Un jeune couple heureux ! Lui, est professeur de musique, il déteste se mettre en avant, prendre des décisions ou trancher. Elle, travaille dans un centre médical pour accidentés comme psychomotricienne. Elle a du caractère et n'aime pas qu'on lui indique la marche à suivre. Un matin, elle découvre qu'elle est enceinte. C'est la plus belle chose qui pouvait leur arriver. Malheureusement, rien n'est aussi simple... D'abord, il va falloir officialiser leur union en se présentant aux parents. S'il comprend vite que la "pilule" ne va pas être facile à avaler pour sa famille musulmane, elle, va un peu tomber des nues. Elle qui croyait ses parents, des juifs ashkénazes, ouverts et modernes, va découvrir qu'ils ne sont pas du tout prêts à accueillir un gendre arabe...
 
Notre avis : Toute foi a ses bonnes choses, mais aussi ses mauvaises. Ah ! si les religions ne divisaient pas, mais au contraire ? Ou encore, pourquoi y faire référence d'emblée ? Enrichissons nous de la culture des autres, découvrons ! Le premier film de Roschdy Zem est un film qui nous parle et qui respecte l'être humain. Aucun commentaire n'est exclu, aucun problème éludé et mis de côté et surtout pas de jugement porté. Et en plus, on en ri. C'est de l'amour, avec ses joies et ses peines : mais rien n'est insurmontable, si on le désire vraiment. C'est de l'entente entre tous, c'est de Bonne foi et on est adeptes ! Un film qui devrait être vu par et pour tous, dans le vrai sens du terme. Gérard Chargé - 3 Zooms -
 
Nous avons rencontré Roschdy Zem et Pascal Elbé au Festival de Sarlat

et Leïla Bekhti aux 3 Palmes à Marseille

 
ROSCHDY ZEM "Un premier film se doit d'être personnel, c'est plus simple pour mettre en scène quand on est complètement impliqué, quand on a une certaine sincérité et une connaissance du sujet. Agnès de Sacy a adapté notre scénario et a permis d'étoffer les scènes entre femmes. On s'est servi de nos expériences : mes parents sont musulmans pratiquants et ils sont très ouverts ; je suis marié à une femme juive. Tous les trois, nous étions complémentaires. Nous exposons nos craintes à travers une histoire d'amour, tout en faisant une comédie."

"En Israël, le conflit est essentiellement politique, ils cherchent un divorce à l'amiable. Créer des transferts sur les populations, pour diviser, c'est ce qui est mis en avant. On ne parle pas qu'il existe des oasis de la paix où vivent juifs et musulmans, en harmonie. Ce dont on peut avoir peur, c'est de ne pas transmettre. Une double culture est une richesse supplémentaire. Aujourdhui, les enfants en ont plus besoin que nous. Il faut que cela se voit et que cela s'entende."

"Ce qui est désolant, c'est qu'aujourd'hui, pour un travail ou autre : on vous demande quelles sont vos convictions religieuses, c'est dramatique... Ce ne sont pas des choses qui doivent intervenir dans la vie de tous les jours. J'ai vécu comme cela mes 25 ans dans les cités. Il faut que l'on apprenne à mesurer nos tolérances et quelles en sont les limites ? C'est un grande question. L'homme cherche le conflit et c'est malheureusement humain, que ce soit à travers le sport, l'argent, les couleurs, le couple. Dans la vie, on n'est pas d'accord sur tout, mais cela ne nous empêche pas de nous entendre."

"La Guerre du Golfe et les attentats du 11 septembre aux USA, sont deux événements qui ont déclanché ce qui se passe aujourd'hui, même chez-nous en France, avec une jeunesse qui trouve ses repères dans des choses ultimes. Ces jeunes n'ont pas de repères. Le fait de cet amalgamme, a fait une Europe communautaire et je pense qu'il faut s'attarder sur les initiatives positives."

ROSCHDY ZEM, suite aux multiples rencontres avec le public, dans différentes villes : Je suis en campagne (rires) depuis la sortie d'{Indigènes}, à force de circuler un peu partout. Il y a un besoin d'appaisement chez les gens. On a besoin de souffler ! Les gens ont besoin de se réunir et de se réconcilier. Si les élections ne vont pas dans ce sens, je crois que l'on court à la catastrophe."

PASCAL ELBÉ (qui a écrit le scénario avec Roschdy Zem) "Avec Roschdy, on était copains avant de devenir amis avec ce film, que nous voulions utile, c'est ce qu'est le cinéma pour moi. Que ce soit un film qui nous ressemble par rapport au thème et au fond, nous étions très précis sur le propos que nous voulions pour servir cette histoire. Nous savions de quoi nous parlions, de près ou de loin : c'est une réelle légitimité. Ce sont des choses qui nous touchent. Un homme et une femme, c'est pas si simple déjà : il y a déjà deux différences. Je voulais que l'on serve l'histoire, plutôt que l'on se serve de notre histoire. On voulait du laîque, et le temps a fait que le scénario existe. J'aime imaginer la vraie vie : avec ce film, on oeuvre pour que les gens soient ensembles. Ce qui me décourage, ce sont les chiffres sur l'antisémitisme : c'est dur de faire des sondages là-dessus et de voir des gens à gauche qui se radicalisent. "C'est un film qui parle de dialogue et de réconciliation. Je pense que le dialogue est essentiel. Aujourd'hui, il y a une faillite de l'école et de la famille, qui doivent être redressées. C'est le collectif qui devrait être mis en avant aujourd'hui, plutôt que l'individualité. C'est une histoire qui dit que c'est compliqué, mais essayons : en France on a aucune excuse de ne pas tenter. Ce film parle d'amour et d'éducation : "le jour où ils aimeront leurs enfants plus qu'ils nous détestent, il y aura la paix", c'est une phrase que Madame Golda Meir avait prononcé en parlant des terroristes palestiniens."

PASCAL ELBÉ, suite aux multiples rencontres avec le public, dans différentes villes : "La rencontre avec les gens est positive, on a beaucoup de témoignage et de points de vue. Les gens nous remercient et ils sont rassurants, ils ont envie que le film marche et soit vu par le plus grand nombre. Ils nous disent qu'ils ont ri utilement, car ils voudraient que le message passe."

PASCAL ELBÉ, en Hommage à Philippe Noiret : "Philippe va laisser un grand vide dans notre cinéma français. Ma rencontre avec lui a été déterminante, il est comme un papa pour moi. Je suis chanceux de l'avoir rencontré et d'avoir été son fils dans le film de Michel Boujenah {"Père et Fils"}. C'était un homme généreux, digne : il m'a tendu la main et m'a ouvert son coeur, jusqu'au bout. Il avait constitué et rassemblé une petite famille autour de lui. On s'est parlé deux jours avant sa mort, il était courageux et digne. J'ai, un avant et un après grâce à lui."

LEILA BEKHTI "Mon personnage (celui de la soeur de Roschdy) est inspiré d'un article où, les jeunes filles maghrébines jouaient au foot dans les cités. Ce qui est drôle, c'est que je ne suis pas sportive, mais j'ai aimé que ce rôle qui sort des clichés. C'est un garçon manqué et il représente l'image des filles avec lesquelles Roschdy a grandi. Il a une majorité de filles émancipées et c'est pour ça que j'ai fait ce film et que je trouve ce personnage important. C'est une fille qui a du caractère, elle ne subit pas, elle ne fait de mal à personne, elle est forte."

"Dans ma famille, il y a toutes les religions et même des athés. Ce qui se passe dans le film, je le vivais avec mon grand frère, tout cela me paraissait normal. Ce n'est pas un fim utopique, cela se passe de cette façon. Les traditions nous unissent et ne nous divisent pas. La bouffe y contribue bien sur et c'est le premier échange qui rapproche (rires). Je suis née et vis en banlieu (Issy les Moulineaux), et je n'ai jamais eu de problèmes. J'étais tolérante à la base et ce film est la réponse au racisme : c'est la différence elle-même."

Photos et propos recueillis par Gérard Chargé.
 

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