Notre avis : Le troisième volet de la trilogie sur l'Amérique de Sergio Léone, l'apothéose d'une Amérique révolue ! L'enfance et la maturité d'un gangster dans une fresque déconstruite. Cette fresque crépusculaire et testamentaire condense tout le savoir-faire du grand metteur en scène, ses thèmes et ses obsessions, mais également ses ambiguïtés et ses zones d'ombre. Chaque plan, chaque seconde de pellicule respire la beauté, la précision, l’émotion. L’écriture est simple et toujours juste : personnages, dialogues, trajectoire de vie, tout sonne vrai. Leone y parle de l’amour et de la trahison, de l’amitié et de la loyauté, de la vie telle qu’elle est, traversée par les choix, les regrets et l’amertume. Leone filme avec lenteur et précision, sans rien laisser au hasard. Chaque cadre regorge de détails, chaque regard pèse son poids d’émotion. On se souvient des ruelles de New York, de la fumerie d’opium, du bar de Fat Moe, de la danse de Deborah enfant, autant de moments suspendus entre mélancolie et grâce. Leone disait à James Woods : « À quoi ça servirait de faire du cinéma si c’est pour tout expliquer ? » Cette phrase résume toute sa démarche : laisser au spectateur le soin de rêver, d’interpréter, de ressentir. La musique d’Ennio Morricone, écrite avant même le tournage, accompagne cette fresque comme une respiration. Leone disait de lui qu’il n’était pas son musicien, mais son scénariste, et ici, cela prend tout son sens. Robert De Niro livre une performance magistrale, tout en retenue et en douleur. James Woods lui donne la réplique avec intensité, tandis qu’Elizabeth McGovern apporte une fragile lumière. Même les seconds rôles, parfois fugaces, marquent durablement. Le chef-d'oeuvre ultime de Sergio Leone. A rattraper ! Ou à revoir... Gérard Chargé - 4 Zooms -
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